Une toute petite conversation : parler de parentalité, de corps et de choix

par | 19 Jan 2026

Fond d'écran LGBTQIA+
Roman graphique / BD : 208 pages
Année de publication : 2025

Pourquoi je vous en parle ?

 

Une toute petite conversation aborde la parentalité — sans injonction, sans morale, sans simplification.

Cette auto-biographie donne une importance particulière à la communication… mais aussi à tout ce qui manque quand elle n’a pas lieu. Elle met en avant les silences, les malentendus, et le temps qui passe sans que certaines choses soient dites. 

L’oeuvre donne à voir plusieurs points de vue, chacun profondément subjectif. Et pourtant, l’autrice les raconte avec une grande justesse, presque comme une forme d’objectivité. Aucun regard n’écrase l’autre.

Dans ma pratique, je rencontre souvent des personnes dont le corps a traversé des choix, des événements, parfois des ruptures. Ce roman graphique rappelle que derrière chaque décision — continuer une grossesse, avorter, devenir parent seul·e ou hors du modèle du couple classique — il y a une histoire singulière, et surtout une liberté qui n’appartient qu’à la personne concernée.

L’histoire en bref

 

Le récit s’articule autour d’une grossesse survenue dans une relation amoureuse qui n’en est pas vraiment une. Camille tombe enceinte par accident. Peu à peu les désirs ne coïncident pas. Peu à peu, la situation impose un choix, sans bruit ni affrontement spectaculaire.

Des années plus tard, une conversation s’ouvre enfin. Une toute petite conversation, qui vient clore un long silence.

La BD tire sa force de cette construction : elle va et vient entre passé et présent, entre ce qui a été vécu et ce qui peut enfin être dit.

La BD aborde l’avortement, la parentalité, la séparation et le non-couple avec beaucoup de délicatesse. Rien n’est présenté comme un devoir. Rien n’est présenté comme une faute.

Le récit montre que l’on ne comprend pas toujours les choses sur le moment. Parfois, on fait avec ce qui survient, avec ce que l’on est, avec ce que l’on peut. Et chaque position mérite une écoute attentive.

Pour ouvrir le dialogue…

 

Une toute petite conversation est une œuvre précieuse parce qu’elle parle de l’avortement, du corps et du soi sans les réduire à un acte ou à une opinion. Elle montre que l’avortement n’est pas seulement un événement médical, mais une expérience humaine, qui s’inscrit dans un corps, une mémoire, une temporalité parfois longue.

Pour les patient·es et les lecteur·rices, cette BD peut lever des tabous, offrir une représentation nuancée, et rappeler que tous les choix ne se vivent pas de la même manière — et que c’est normal.

Pour les soignant·es, elle invite à garder en tête que derrière chaque décision, il y a une personne entière, avec ses contradictions, ses silences, et parfois des mots qui mettent des années à émerger.

C’est aussi un récit sur la communication : les mots tus, ceux qui arrivent trop tard, et ceux qui peuvent malgré tout réparer. Une BD qui ouvre des espaces de réflexion, sans jamais dire ce qu’il faudrait faire.

Qu’est-ce qui devient possible quand on prend le temps de se parler, même longtemps après ?