Racines, ce que nos cheveux racontent

par | 8 Déc 2025

Racines de Lou Lubie : un roman graphique sur identité capillaire et normes sociales
Roman graphique / BD – 216 pages
Année de publication : 2024

Pourquoi je vous en parle ?

 

Parce que Racines met en lumière quelque chose d’à la fois intime et social : la manière dont nos cheveux peuvent raconter une histoire, un héritage, une pression, ou une blessure invisible.

Ce roman graphique montre comment des normes eurocentrées ont façonné l’idée de “beauté”. Et comment les personnes afro, bouclées ou métissées ont dû composer avec ces attentes — parfois jusqu’à cacher leur texture naturelle pour être acceptées.

Dans ma pratique, j’entends souvent combien le regard des autres peut peser sur le rapport au corps. Racines, à sa manière, parle de la même chose : cette réappropriation douce et difficile d’une part de soi qu’on a appris à dompter. C’est une œuvre éclairante, pour comprendre et pour entendre ce que beaucoup vivent encore en silence.

L’histoire en bref

 

Lou Lubie explore ici l’identité capillaire sous toutes ses facettes : l’histoire coloniale qui a dévalorisé les cheveux crépus, la discrimination “professionnelle”, les remarques blessantes, les non-dits familiaux, les coûts, le temps, la fatigue…

Et aussi la joie, la redécouverte et la fierté.

On y croise des témoignages forts, comme celui d’un steward obligé de porter une perruque au travail. Ou aussi un extrait de manuels qui qualifiaient les cheveux crépus “d’affection congénitale” encore en 2010.

L’oeuvre explique aussi la “double pénalité” vécue par de nombreuses femmes de couleurs : un coût plus élevé, plus de temps, plus d’efforts… simplement pour entrer dans une norme qui n’a jamais été faite pour elles.

Visuellement et narrativement, c’est une œuvre pédagogique, accessible, et profondément humaine.

Pour ouvrir le dialogue…

 

Racines aide à comprendre ce que signifie vivre dans un corps qui ne rentre pas dans les standards.

Il permet de voir ce qui est souvent invisible : les « micro-agressions », les discriminations, la honte apprise, la difficulté d’exister pleinement quand un simple cheveu devient politique.

C’est un livre qui libère, qui éduque et qui rend fier.

Mais surtout, qui invite chacun·e à regarder différemment la beauté des autres — et peut-être la sienne.

Comment les normes autour de nos apparences influencent-elles, selon vous, la manière dont on se sent dans notre corps ?