Léveil de Hibari – Tomoko Yamashita

par | 25 Nov 2025 | 0 commentaires

Manga – 2 tomes (terminé)
Année de publication : 2025

Pourquoi je vous en parle ?

 

Parce qu’il explore ce que peut produire le regards des autres sur une personne. Pas les grands drames, pas les violences spectaculaires. Mais plutôt ce les « petites » choses du quotidien : les attentes, les rumeurs, les interprétations qui collent à la peau … jusqu’à modeler, parfois, la façon dont on se perçoit soi-même.

Là-dessus, je me rends compte à quel point cette histoire résonne avec ce que je peux entendre : grandir dans des récits imposés, des étiquettes ou images qui ont été assignées et non choisis, … Car cela peut ralentir une réappropriation du corps et de la confiance.

Ce manga ouvre un espace pour parler de tout cela autrement. Sans dénoncer ou moraliser, il rappelle qu’entre ce que l’on est et ce que les autres voient, il existe souvent un monde. Ainsi, c’est dans cet interstice fragile, que se construit Hibari, et que beaucoup d’entre nous se reconnaîtront.

L’histoire en bref

 

L’éveil de Hibari suit une jeune femme qui, sans bruit, devient le centre de projections diverses : ce que les autres imaginent d’elle, ce qu’ils attendent, ce qu’ils commentent à voix basse…

Le premier tome s’attarde sur ces regards-là — ceux qui façonnent une réputation parfois sans fondement, mais qui s’infiltrent dans les gestes du quotidien.

Tandis que le second tome déplace subtilement le point de vue. Ce n’est plus Hibari qui est observée, mais la manière dont son entourage réagit aux rumeurs qui circulent à son sujet. Ainsi, on voit comment un récit se construit, s’amplifie, se déforme… et comment il peut finir par écraser la personne réelle derrière son image.

Pour ouvrir le dialogue…

 

Bien que le regard des autres peut parfois être silencieux, parfois être insistant, il en reste pas moins présent.

La mangaka donne à voir ce que beaucoup de personnes vivent : la tension entre ce que l’on ressent intimement et ce que la société projette sur nous. Dans ma pratique, j’entends souvent des patient·e·s parler de cette pression diffuse : se conformer, paraître « normale », répondre aux attentes, … Elle aborde ces problématiques et permet de mettre des mots (ou des images) sur quelque chose de parfois difficile à expliquer.

Ce qui me semble précieux, c’est que le récit ouvre un espace de nuance. Il rappelle qu’on peut être traversé·e par des doutes sans être “faible”. Qu’on peut chercher sa voie sans avoir à se justifier.

Comment le regard des autres influence qui nous sommes ?