Feux de forêts, ou quand la parentalité devient un espace de vérité

par | 2 Déc 2025

Fond d'écran LGBTQIA+
Essais littéraires – 244 pages
Année de publication : 2025

Pourquoi je vous en parle ?

 

J’ai découvert la maison d’édition Academia Littérature lors du Festival du Livre de Wallonie en 2025, et j’ai tout de suite été intriguée par leur travail : sensible, engagé, ouvert aux voix qui dérangent et éclairent.

Feux de Forêts est un recueil arrivé à un moment où ces questions me traversaient — dans ma pratique comme dans ma vie privée. Le désir de parentalité, la peur de devenir parent, la possibilité de ne pas l’être, les chemins atypiques, les normes qu’on interroge, les tabous qu’on brise… Ce sont des sujets profondément actuels, alors que, pendant longtemps, la parentalité était une évidence sociale et presque un destin.

Aujourd’hui, on ose dire « Je veux », « Je ne veux pas », « Je ne sais pas ».

Et ce recueil ouvre justement cet espace-là : celui où l’on peut se demander, explorer, comprendre, ressentir.

L’histoire en bref

 

Feux de Forêts est un ouvrage collectif réunissant 36 récits intimes et engagés, porté par un collectif. Caroline Tilkin, psychologue, autrice et l’une des coordinatrices du recueil a été interviewée par La boite à livres où elle a fort bien décrit l’oeuvre :

« Ce recueil est composé de 36 récits intimes et engagés, qui parlent de parentalité, de non-parentalité, qui parlent de comment faire communauté, créer de nouveaux liens qui font sens aujourd’hui. C’est aussi un recueil qui va aborder la santé mentale des femmes et des mères. Il est divisé en 8 sections, et ces huit sections vont brasser des sujets assez divers, qui vont du choix de ne pas devenir mère à la perte d’un enfant, en passant par la médicalisation de la naissance, par la PMA, mais aussi par comment la parentalité se déploie tout au long de la vie et peut se révéler atypique. C’est un recueil qui va aussi se terminer sur un texte coup de feu, qui rappelle que la maternité est aussi une source d’inspiration pour nos luttes. »

On navigue donc dans un livre qui ne donne pas de leçon, qui ne cherche pas à convaincre : il ouvre des fenêtres. Des trajectoires très différentes se croisent, se répondent, parfois se contredisent — et c’est là que réside toute sa force. On y lit des corps qui changent, des doutes qui prennent de la place, des désirs qui évoluent, mais aussi des choix affirmés, des peurs anciennes, des transmissions, des colères, des émergences.

C’est un livre polyphonique, attentif, profondément humain.

Pour ouvrir le dialogue…

 

Ce recueil peut toucher beaucoup de personnes — celleux qui désirent un enfant, celleux qui en ont peur, celleux qui n’en veulent pas, celleux qui ne savent pas encore.

Il parle de choses qu’on aborde trop peu :

  • ce que la grossesse transforme dans le corps et l’esprit,

  • la charge mentale et émotionnelle des mères,

  • la solitude possible des pères,

  • les violences obstétricales,

  • les parcours PMA,

  • la culpabilité,

  • le choix libre et clair de ne pas vouloir d’enfant — encore tabou aujourd’hui,
  • les familles atypiques et la nécessité de les reconnaître,

  • la perte, la reconstruction, les luttes.

Ce livre déculpabilise, ouvre les yeux, soulage. Et pour d’autres, il donne des mots pour des choses qu’ils n’avaient jamais pu formuler.

Il peut accompagner les personnes dans leur désir, leurs ambivalences, leurs peurs, leurs hésitations. Il peut aussi aider celleux qui subissent encore la pression sociale — celle qui dit que “c’est normal”, “c’est comme ça”, “tout le monde y passe”.

Feux de Forêts rappelle que la parentalité est un chemin complexe, intime, politique, et surtout : jamais uniforme.

L’ipséité, la capacité à se définir soi-même, à choisir sans renier aucune de ses origines, à cueillir librement ce que chaque culture offre de beau, tout en ayant conscience des contraintes et des enjeux qui les traversent. – Laura Ignoto