De A à Y – Adrien YEUNG

par | 16 Déc 2025

Roman graphique / BD : 160 pages
Année de publication : 2024

Pourquoi je vous en parle ?

 

J’ai découvert De A à Y d’Adrien Yeung à travers un geste simple : offrir un cadeau qui fait du bien. Je cherchais une lecture légère et déculpalisante qui traite d’anxiété, sans forcément la nommer.

Ce qui m’a immédiatement frappée, c’est la justesse et la délicatesse avec lesquelles cette BD aborde un mal-être souvent invisible, sans jamais l’expliquer de façon frontale ou l’enfermer dans une définition.

Dans ma pratique, je rencontre des personnes pour qui le lien à l’autre peut être source de tension ou d’appréhension. Cette oeuvre aide à mieux comprendre ce qui peut se jouer en arrière-plan. Cette nuance permet de maintenir un cadre clair, tout en posant un regard plus humain. C’est pour cela que cette œuvre a toute sa place ici.

L’histoire en bref

 

Adrien Yeung raconte son adolescence et ses débuts de jeune adulte à travers une succession de souvenirs, de scènes du quotidien, de projets avortés et de doutes.

Il y est question d’échecs, de peur du regard des autres, de sentiment d’illégitimité, mais toujours avec beaucoup d’humour, d’autodérision et de tendresse.

L’anxiété sociale est présente, mais jamais écrasante. Elle affleure dans les silences, les évitements, les maladresses, sans devenir le seul prisme de lecture du récit.

La BD se lit facilement, fait souvent sourire, parfois rire, et laisse une impression de proximité sincère avec l’auteur — quelqu’un qui n’a pas “tout réussi”, mais qui avance, à sa manière.

Pour ouvrir le dialogue…

 

De A à Y ne cherche pas à expliquer l’anxiété sociale, ni à en donner les causes exactes. En revanche, il permet de mieux comprendre ce que cela peut produire dans la relation à l’autre : des absences, des hésitations, des comportements fuyants qui sont souvent des stratégies de protection.

Pour les personnes concernées, cette BD peut être réconfortante : elle rappelle qu’elles ne sont pas seules.
Pour les soignant·es et les proches, elle invite à ajuster le regard, à ralentir les interprétations, et à accueillir ces comportements avec davantage de douceur.

C’est une œuvre qui montre qu’on peut parler de sujets sérieux sans lourdeur, et que l’humour peut aussi être une porte d’entrée vers plus de compréhension et de bienveillance.

Comment pouvons-nous, dans nos relations, laisser plus de place à ce qui ne se voit pas toujours ?