Echo(e)s – Chloe DE BON

par | 16 Déc 2025

Film documentaire : 50 min
Année de diffusion : 2024

Pourquoi je vous en parle ?

 

J’ai découvert Echo(e)s dans le cadre d’un ciné-débat à l’ULB, autour des violences gynécologiques et obstétricales. Avant la projection, une gynécologue est venue poser des mots sur ces violences ; après, un temps d’échange a permis de croiser les regards, les vécus, les questions. Cette expérience fait pleinement partie de ce que ce film fait suscité en soi.

Ce film a beaucoup de sens dans ma pratique. Il ne parle pas seulement de violences visibles ou spectaculaires, mais de choses plus diffuses : la manière de toucher un corps, de parler — ou de se taire —, la place du consentement, et surtout la position de pouvoir qui peut s’installer, parfois sans même en avoir conscience.

Ce qui m’a particulièrement marquée, c’est cette idée que le “vouloir bien faire” ne suffit pas toujours. Même avec de bonnes intentions, des dérives peuvent exister. Echo(e)s invite à cette vigilance-là : humble, nécessaire, jamais acquise.

L’histoire en bref

 

Réalisé par Chloé De Bon, Echo(e)s donne la parole à huit personnes aux parcours, aux corps et aux identités diverses. Femmes, personnes racisées, personnes transgenres racontent leurs expériences de suivi gynécologique ou obstétrical — des expériences trop souvent minimisées ou banalisées.

La forme du film est profondément sensorielle. Les récits alternent avec des images de corps en mouvement, souvent dans l’eau. Ces séquences apportent une forme de légèreté, presque de suspension, comme si des corps devenus lourds sous le poids des violences pouvaient, un instant, flotter à nouveau.

Le film ne cherche pas à accuser frontalement. Il questionne, il laisse de la place aux silences, aux sensations, aux émotions, et interroge les pratiques de soin… par le soin lui-même.

Pour ouvrir le dialogue…

 

Echo(e)s est un documentaire exigeant, sensible et poétique. Il ne s’adresse pas à tout le monde de la même manière, ni avec les mêmes outils. Il demande une certaine disponibilité, une attention aux images, aux corps, aux non-dits.

Je le recommanderais particulièrement aux soignant·es — surtout aux jeunes professionnel·les, ou à celleux qui sont déjà installé·es dans leur pratique. Parce que certaines dérives sont si ancrées qu’elles deviennent “normales”, et donc difficiles à repérer… et à ne pas reproduire.

Je le recommanderais aussi aux futur·es parents, pour mieux comprendre ce qu’est la violence médicale, pour se rappeler que le corps médical ne sait pas tout, que s’écouter est essentiel — tout en gardant à l’esprit que la plupart des soignant·es font de leur mieux, dans un système parfois contraignant.

Enfin, c’est un film précieux pour toute personne qui n’a jamais entendu parler de violences gynécologiques et obstétricales. Non pas pour culpabiliser, mais pour ouvrir un regard, affiner une écoute et déplacer des certitudes.

Comment rester vigilant·e dans nos soins sans perdre l’humanité, ni la confiance ?